Archives mars 2009

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Je viens de recevoir un mail de mon amie ( collègue) qui vient d'être opérée du cancer des ovaires ...il y a 17 jours... après 6 séances de chimio. Même si l'opéraiton s'est bien passée, même s'il y a eu moins de complications que prévu, il n'en demeure pas moins qu'elle a besoin de récupérer... Elle devait partir avec son compagnon, lundi en Bretagne pour se ressourcer et surtout permettre à A. de se reprendre, seulement le départ a été retardé, les plaquettes étaient trop élevées... Elle vient de m'envoyer ce mail pour me dire qu'elle a la permission de partir ... elle m'écrit" je vais essayer d'en profiter un peu, bien sûr ne pas oublier de me reposer , mais G. a du mal à comprendre"... Eh oui, encore nos hommes qui ne savent pas comment réagir, avant l'opération , pendant les chimios, il la surprortégeait, empêchant même la famille de venir lui rendre visite.... et là, après l'opération, il " veut" que le cauchemar soit fini ....Il veut que tout redevienne comme avant .. . Une de mes "nouvelles amies de chimio" me disait aussi que son mari pourtant très aimant,très attentif ... sans doute pour la tester, pour voir si elle était capable d'être comme avant , ne la ménageait pas .... Ils sont vraiment étranges et compliqués nos hommes vous ne trouvez pas?
il faut penser aussi à celles qui sont seules à assumer le choc de cette découverte,seules à  lutter, seules à avoir peur.......on parle de notre entourage, des compagnons, même s'ils sont gauches, ils sont là..
Mais les femmes qui se retrouvent seules comment font-elles ?
J'ai fait la connaissance à l'hôpital du jour durant les chimios d'une femme de 45 ans
( donc 15 ans  de moins que moi...)à la 1ère chimion, nous ne nous sommes pas parlées, elle était dans son coin, très discrète, seulement des sourires se sont échangés.
A la 2ème ,il s'est fait que nous nous sommes retrouvées assises l'une à côté de l'autre dans le couloir à attendre ... les produits ... il y en a toujours au moins pour une heure et demie. Alors nous avons fait plus ample connaissance et j'ai appris que c'était une rechute... 45 ans, deux enfants (17 et 12 ans) et seule à les élever ... elle avait divorcé  un peu  avant .... Elle n'a pas le droit de pleurer devant ses filles dit-elle,elle pleuret en cachette la nuit ... très forte, très digne, un exemple de courage. Jamais elle ne se plaint.
 Avec elle je suis allée à Paris peu avant Noël pour voir Paris illuminé , nous avons mangé ensemble dans un resto à Montmartre. Elle compte beaucoup pour moi...
Fin février je l'ai  appelée  pour prendr de ses nouvelles, elle était mal, ses filles ne la comprennent pas, ne veulent pas comprendre sans doute ce qu'elle vit et sont très dures avec elle, très exigeantes , elle n'en pouvait plus ... Elle a préférait reprendre le travail pour voir autrement ...
Hier je l'ai appelée, elle était encore à son travail, elle avait une bonne voix. J'étais quelque peu rassurée... demain dimanche, je l'appelerai chez elle.
Mais ces femmes seules comment peuvent elles supporter ? Que pouvons nous faire ?
Je pense que vous avez du entendre parler de Jade Goody, cette anglaise qui a décidé de se mettre à nu dans une émission de télé-réalité. Se sachant condamnée par un cancer de l'utérus, elle a accepté se faire filmer 24h/24h, 7jrs/7jrs par une chaîne anglaise, pour témoigner de sa maladie. Jade est décédée ces derniers jours et son décès à suscité plusieurs types de réactions : entre les spécialistes choqués, le premier ministre admiratif, la famille, les amis et les téléspectateurs émus.

On a même vu ces derniers jours une affluence accrue dans les centres de dépistages. Les femmes ayant regardé l'émission semblent avoir été sensibilisées d'une certaine manière.

Que pensez-vous de cette démarche ? Si cette émission avait été diffusée en France, l'auriez-vous suivie ? Quelle aurait été votre réaction ?
Je pense qu'il est utile aussi de parler de ce qui  nous attend à la maison à notre retour de l'hospitalisation.
J'en parle, il y a pourtant plus d'un an de cela, j'en parle pour permettre aux "nouvelles" de savoir ce qui peut plus ou moins les attendre ... et de comprendre ...
Même si les siens sont très proches, même si le mari a toujours été présent, il se peut qu'au moment de la "nouvelle" et aussi après l'opération et le début du traitement ... qu'il ne soit pas comme on aurait pensé ...
Alors que mon mari est très proche de moi, à cette période, il a été particulièrement gauche, il était paumé, il avait peur, ne voulant le montrer , soit qu'il me surprotégeait ou
faisait comme si tout allait bien...
Durant le traitement, lors des "retrouvailles"à l'hopital de jour avant nos séances de chimio,où l'on fait la causette... j'ai constaté que ce phénomène était fréquent chez les maris un peu fragiles, déjà malades auparavant . C'était le cas pour le mien... ils ont alors peur  de perdre tout, la femme, la protectrice ... il nous faut être forte, mais nous le sommes n'est ce pas mesdames !!! . Ca aide aussi à lutter , nous y sommes obligées....
On "parle avec elles", mais il faut penser aussi aux maris, aux enfants , ils restent sous le choc peut être plus longtems que nous...
Hormis ce détail qui est des plus importants.
Il faut aussi ajouter que la vie continue à la maison avec ses tracasseries, ses problèmes à régler, tout n'est pas effacé d'un coup de baguette magique parce que nous sommes malades. Il faut gérer .
Une des choses qui m'a agacé le plus, ce sont  les démarches auprès de nos caisses ,pas avec la Sécurité Sociale, tout est vite réglé, mais avec nos prévoyances ... Nous avons intérêt d'être méthodique
Donc ,ne nous décourageons pas... et maintenant que ce forum existe, d'en parler nous fera le plus grand bien ....
Comme vous avez du le remarquer, j'aime beaucoup écrire...

L'écriture m'a toujours aidée  et elle été pour moi une véritable thérapie comme vous vous en doutez  lorsque j'ai appris que j'avais ce cancer du sein.... jour après jour j'ai tenu mon journal de bord.... et un après j'ai ouvert un blog non pas pour reproduire ce journal ... mais pour être à même de montrer à celles qui passeraient par là, qu'on s'en sort, qu'il y a des étapes plus ou moins difficiles , mais on s'en sort ... que la vie est là et qu'elle est belle...

Si vous voulez y passer c'est :      Aline27.over-blog.com

Je n'y parle pas que de cela, j'y fait part de certaines de mes réflexions, je retransmet des nouvelles enfin j'écris et ça me convient .

( la photo que j'ai jointe ( si elle est bien enregistrée... est juste après l'opération... il y a un an et cinq mois... )
Si ce n'est que Monsieur Bashung, l'ultime, le prince, le généreux nous a montré l'exemple.
Affronter la maladie avec dignité, se montrer, avec une grande pudeur mais se montrer quand-même.
Se rendre au bout du chemin, puiser sa force auprès son public, de ses musiciens, de ses amis, amours , bref puiser sa force au coeur de sa vie, s'ancrer dans le sol pour diffuser son message, ne jamais annuler mais juste reporter.
Donner, pour mieux recevoir.
Que vous dire?
Je lis Libération, et je remarque cette phrase prononcé il y a dix ans par Alain Bashung lors d'une interview "Je ne pense pas tellement à la fin. Mais ça m'ennuierait de ne pas aller au bout.
Je trouverai cela impoli".
Vaincre c'est peut-être y aller à fond, sans rien freiner, rester fidèle à ce (et ceux) qui nous a (nous ont) façonné.
Vaincre, c'est vivre, quoiqu'il arrive.
Montrer ce qui nous manque, même si on le cache avec des lunettes noires et un chapeau.
Dire sans qu'un mot ne sorte.
Mais surtout puiser l'amour à la source et savoir prendre.
Merci Monsieur pour tout ce que vous nous avez donné.
Personnellement, je ne vous oublierai jamais