Les livres

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Bonjour à toutes, je m'appelle Lorraine Fouchet, je suis romancière, j'ai été médecin d'urgence pendant 14 ans (à SOS Médecins, Europ Assistance et au SAMU) avant de poser mon stétho pour raconter des histoires à plein temps l'année de mes 40 ans, hier (hier dans ma tête, il y a 12 ans en fait).

L'an dernier, plusieurs de mes amies ont eu un cancer du sein, j'ai cherché à leur offrir, pour les aider, un roman optimiste et chaleureux et positif, qui informe sur le cancer du sein et qui rassure et qui allège un peu et qui croque la vie. Je n'en ai pas trouvé... alors je l'ai écrit, il s'appelle LA MELODIE DES JOURS, il est édité chez Robert Laffont. Ce n'est pas un roman plombant et triste, même s'il y a de l'émotion, c'est une histoire de vie, d'espoir, d'entraide, de musiques, d'amour (avec du chocolats, des fromages, et un site internet de proximité).

Les héros du livre sont descendus de leurs pages, ils continuent l'aventure sur le site qui leur est dédié, n'hésitez pas à aller y faire un tour et à leur écrire si vous voulez.

LA MELODIE DES JOURS est mon quatorzième roman, j'y ai mis toute mon amitié et ma tendresse pour mes copines, il est sorti en mars, quand je le dédicace en librairies ou dans les fêtes du livre de province les lectrices regardent le résumé au dos du livre, ce qu'on appelle la 4ième de couv. Certaines disent « le sujet me touche familialement, ou amicalement, ça m'intéresse » ou « ça me parle, le sujet me concerne personnellement, le cancer a fait partie de ma vie, ça m'a chamboulée et changée, mais maintenant c'est derrière ». D'autres reposent le livre comme s'il les brûlait, en soufflant « ça va être triste » et je leur réponds gentiment « le cancer n'est pas contagieux, mais la joie de vivre l'est ! ».

L'an dernier, quand j'ai eu peur pour et avec mes amies, je n'arrivais plus à écouter la musique de variété habituelle, alors j'ai mis la station radio classique en voiture, avant je croyais que c'était pour les autres, j'ai découvert que cette musique nous parlait de beauté, qu'elle pétillait comme du champagne, qu'elle envoyait des SMS directement à l'âme, qu'on pouvait écouter sur Internet, par google et youtube, toutes les musiques du monde, et que c'était mille fois plus magique qu'Harry Potter ou que Twilight. Dans mon livre, Charlie envoie tous les jours à Lucie sur son iPhone un lien Internet pour une mélodie avant chaque séance pendant ses six semaines de radiothérapie, ces airs sont comme un tapis volant pour s'envoler au-dessus de ce qu'elle appelle le grille-pain ou le toaster, comme un sabre laser pour se battre et s'en sortir. J'ai mis la playlist à la fin du livre et sur mon site, et sur le site des voisins vous pouvez écouter la musique perso de chaque héros, avant je prescrivais des médicaments, maintenant je transmets mes mots, là j'offre mes musiques, matin midi et soir, sans parcimonie, pas de risque de surdosage, seul effet secondaire le sourire, alors n'hésitez pas, c'est une ordonnance qui fait du bien.

Lorraine

Bonjour
Je suis une grande lectrice, j'adore lire, je suis une accro des livres et j'ai traversé sans trop de mal ma chimio grace aux livres, par contre j'ai encore plus souffert de mon operation du sein car je pouvais plus lire.
Est ce qu'on pourrait pas faire un club de lecture?
Bon le principe d'un club de lecture, c'est que chacun amène un livre ou deux et qu'on se les partage et qu'a chaque seance, chacun raconte ce qu'il a pensé d'un livre choisi parmi tous les livres partagés. Par internet, ca va etre dur.
J'aime parler des livres que j'ai aimé, j'aime ecouter les autres parler de leur livre et j'adore qu'on me conseille des livres. Chacune pourrait parler d'un livre?
On pourrait pas essayer de faire un club de lecture?
Bises
Anne

Je vous en ai parlé il y a quelque temps. Un journaliste du magasine Nous Deux a accepté de publier ma "vision de mon histoire". Ce magasine parait demain mardi n° 3269.
Je sais, les filles, ce n'est sans doute pas votre magasine préféré ( c'est celui de ma chère maman ), mais le journaliste a bien retranscrit mes propos. En fait, il a surtout mis des extraits de mon livre et je trouve qu'il a bien respecté le message que je voulais faire passer : ESPOIR
Alors, si cela vous intéresse , achetez Nous Deux, moi, je n'ai pas d'actions en bourse pour ce magazine...
Bisous ensoleillés
Mony

Frédérique est pudique et ne sait pas trop comment parler de ces choses-là.
Alors plutôt que de dire, elle a choisi d'écrire et elle se débrouille fichtrement bien.
Elle en a m^me fait un manuscrit qu'elle gardait de côté et qu'elle a finalement bien voulu partager avec nous.
Frédérique, nous te remercions très sincèrement de ta très grande confiance et voici donc le premier épisode de "la princesse aux petits pois".
Et comme il n'y a pas qu'un seul chapitre à cette année menée par le bout des mots (des maux), je vous offrirai chaque lundi, comme un feuilleton un épisode de la saga de Frédérique.
Je vous souhaite une très belle lecture et venez tous et toutes nous laisser un commentaire si l'envie vous vient.

"La princesse aux petits pois : Episode 1

Février 2008

J'ai 43 ans, deux jeunes enfants (deux ans et demi et huit ans et demi), une vie amoureuse stable et heureuse, un boulot que j'adore, un blog qui commence à bien marcher, un projet de déménagement au soleil dans les tuyaux... Bref, tout pour être heureuse. Jusqu'au jour où...

En me mettant de la crème ce matin-là, j'ai senti trois petites boules à la périphérie de mon sein droit. Trois minuscules boules alignées qui roulaient sous les doigts. Je me crème tous les jours car j'ai la peau très sèche, et c'est la première fois que je remarquais ça. Aussitôt, une sirène d'alarme s'est déclenchée dans ma tête, comme si je m'y attendais depuis toujours, comme si je savais déjà.

Voici le récit (tiré de mon blog et de mes carnets persos) de cette année très particulière, année durant laquelle j'ai été au centre de toutes les attentions... comme une princesse !

25 février 2008
La catégorie que j'aurais bien voulu ne pas créer
J'ai aussi pensé intituler cette nouvelle catégorie Me and my monkey (mon père appelait ça "son crabe"), mais j'ai finalement opté pour Vincent, Paul, François et les autres en référence aux petites billes qui vont m'empoisonner la vie. Trois petites billes (jusqu'à nouvel ordre) dans mon sein gauche. Trois petites billes cancéreuses. Youpi ! Youpi !
Chronologie des faits :
• découverte d'une petite boule dans mon sein il y a un mois.
• visite chez mon médecin dans la foulée qui n'a pas l'air de s'inquiéter mais m'envoie quand même faire une mammo.
• journée d'enfer à l'hôpital du Mans le 11 février où on me fait, en plus de la mammo (avec un appareil barbare qui, en une minute, vous transforme des seins en pomme en seins en poire), une échographie, une palpation musclée (imaginez Chabal vous pétrissant les seins comme de la farine) et une biopsie.
• prise de sang entre-temps qui ne montre rien d'alarmant.
• résultat de la biopsie mardi : cancer.
• coup de massue mercredi, quand la secrétaire de mon médecin me sort les grands mots : "ablation totale du sein" et "chimio" avec cette recommandation : "Laisse-toi aller, craque un bon coup, plonge au fond et après tu ne pourras que remonter".
Me laisser aller, moi, la championne du monde de dézinguage de pensées noires ? Elles ont à peine le temps d'apparaître en marge de mon cerveau que, vlan, un grand coup de sabre laser dans leur sale tête.
J'ai donc encaissé et je suis rentrée à la maison telle un zombie, incapable de rien d'autre que de me mettre au lit avec mes petites billes et ma grosse boule d'angoisse qui m'écrabouillait les intestins et me glaçait l'intérieur. Je suis restée là, immobile, les yeux fixés au plafond, K.O.
Il aura suffi d'un coup de fil de mon chéri pour ouvrir les vannes. J'ai pleuré comme j'ai rarement pleuré (au point de faire fuir mon chat qui était venu se pelotonner contre moi) et j'ai laissé toutes les mauvaises pensées - même les pires - m'envahir. Et elles ne s'en sont pas privées, les coquines. J'ai pensé à mes loulous, à mon chéri, et j'ai pleuré, pleuré, pleuré comme on le voit parfois dans les films et qu'on se dit que c'est quand même un peu exagéré. Ca lâchait de toute part. Ca a duré une heure ou deux, je ne sais plus. J'en suis ressortie vidée, exsangue mais au moins la boule d'angoisse avait dégonflé. Je sais bien qu'elle va revenir, mais sur le coup ça m'a vraiment soulagée.
• Jeudi, rendez-vous avec ma gynéco et celui de l'hôpital qui doit m'opérer. On y est allés comme à l'abattoir. Les intestins pulvérisés de trouille, les dents qui claquaient comme par grand froid. Et curieusement, c'est le rendez-vous que je redoutais le plus qui s'est le mieux passé (il faut dire que j'étais shootée au Lexomil). Quand il est arrivé, le "grand homme" ne savait visiblement pas comment nous annoncer la nouvelle. On lui a facilité la tâche en disant :
- On sait, c'est un cancer, et ça veut dire ablation du sein et chimio.
- Un cancer, oui, mais il est hors de question de vous faire une ablation pour le moment.
D'après lui, même s'il y a plusieurs nodules, ils sont suffisamment rapprochés pour pouvoir juste ôter la zone infestée d'autant plus qu'ils sont tout petits et pas agressifs. Ce qui ne veut pas dire qu'au vu des résultats, il ne faudra pas que je repasse sur la table d'opération. Mais bon, c'est déjà ça de gagné. Quant au traitement, tout dépend des analyses qui suivront l'opération. Donc, pour l'instant, pas question de chimio, même si ce n'est pas exclu.
Et voici maintenant le planning des réjouissances :
• entrée à l'hôpital le 5 mars pour une série d'examens
• opération le 6 mars
• sortie le 8 mars
• vacances le 10 mars (on avait prévu d'aller à Center Parcs et on y va, même si je ne pourrai pas me jeter la tête la première dans la rivière sauvage)
• résultats le 14 mars avec annonce du protocole spécialement concocté pour moi.
Notre projet toulousain reste d'actualité, même si ça va compliquer les choses en matière d'emprunt. On a encore des petites choses à vérifier avec l'agence et on voudrait revoir la maison une dernière fois avant de faire une proposition. Reste à savoir quand on pourra redescendre sur Toulouse.
Je n'avais ni l'envie ni le courage d'appeler tout le monde, d'où ce billet. Je vous promets de vous donner régulièrement des nouvelles sur ce blog et de ne pas perdre mon humour quoi qu'il arrive.
En attendant, je vous demande de ne pas nous passer de coups de fils éplorés à moi ou à mon chéri (et encore moins aux enfants - pour le moment, on va juste leur dire que j'ai besoin de me faire soigner à l'hôpital quelques jours et C'EST TOUT). Pas de "alors ?" larmoyants. Pas de pleurnicheries. La compassion, au lieu de me réconforter, me fait flipper (ça me replonge dedans). Il nous faut du positif, du gai. Je compte sur vous.

Ca aurait pu être plus grave
Dans les moments de gros flip, je me dis que ça aurait pu être pire :
• les enfants vont bien
• mon chéri n'a pas eu d'accident de la route
• personne n'est mort, handicapé ou dans le coma
• on n'est pas victimes de massacres ethniques
• ce n'est pas Creutzfeld Jacob ni Halzheimer
• un avion ne s'est pas jeté sur une centrale nucléaire
• je n'ai pas été défigurée dans un accident..."

La semaine prochaine sur "Parle avec Elles : You're talking to me ? YOU'RE TALKING TO ME ???

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Dans Marie-Claire encore, un encart qui parle des livres qui font du bien et dont nous n'avons pas encore parlé ici :
La vie pour s'aimer de l'oncologue David Kayat,
Après le cancer du sein, un féminin à reconstruire d'Elise Ricadat et Lydia Taïeb
Retrouvez le plaisir du goût de Bioalliancepharma.
Bonne lecture à vous !