Les témoignages

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Précédemment sur Parle avec Elles : le 9 ème et le 10 ème épisode de la princesse aux petits.

14 mars 2008
Invoquons St Barry
Aujourd'hui, ça risque encore d'être dur pour les nerfs. Alors, chaque fois qu'on sentira l'angoisse monter, je vous propose de faire La danse de Barry White, immortalisée par Ally Mc Beal et ses collègues, moi à l'hosto au moment du verdict et vous, chez vous, au bureau ou même dans les toilettes !

15 mars 2008
Le fruit avarié
Moi qui suis une incurable optimiste, j'ai compris il y a quelques jours que j'avais atteint mes limites car, contrairement à mon entourage qui espérait un traitement light, je ne m'attendais pas à une bonne nouvelle (malgré vos nombreuses incantations à St Barry - à ce sujet, un grand merci !!!). Et ce fut le cas.
Après être arrivé clopin-clopant pour cause d'orteil cassé, le chirurgien nous a annoncé que mon sein était une véritable pépinière de cellules cancéreuses. Il faut donc tout virer par précaution : le sein et les ganglions, même s'ils sont sains. Retour sur le billard vendredi. Après, j'ai droit au forfait DeeLuxe : six séances de chimio + six semaines de radio + cinq ans de médocs. Bref, j'en prends pour un bail dont six mois lourds.
On était cloués sur nos sièges encaissant coup après coup. Et c'est là que mon chéri, le triple champion du monde de l'humour noir, de la diversion et de l'autodérision, nous a fait son grand show. Il a blanchi, verdi, s'est raidi et s'est évanoui obligeant le chirurgien à se lever d'un bond pour l'allonger par terre en s'écrabouillant son orteil cassé dans l'action (REVENGE !!!!). Ce n'était qu'un malaise vagal et quelques secondes plus tard, il avait repris connaissance. Mais c'est comme ça qu'on s'est retrouvés tous les trois, assis par terre, en train de rigoler comme des bossus. En de pareilles circonstances, il fallait quand même le faire.
S'il y a un truc qui nous sauvera, c'est notre capacité à ricaner bêtement de tout.

Soyons fous
Et au milieu de tout ça, on va acheter la maison qu'on a vue il y a quelques semaines et que je suis retournée voir avant le début du grand bazar... Après les négociations d'usage, on s'est finalement mis d'accord sur un prix. Si tout se passe bien, on devrait signer fin juin juste avant la 5ème chimio !

Frédérique".

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12 mars 2008
C'est chaud bouillant à l'hosto
Et je ne parle pas de la température de la chambre !!!
D'abord, il y a eu les yeux vert émeraude de l'anesthésiste qui, penché au-dessus de moi, m'a dit : "Pensez à quelque chose d'agréable" en m'endormant. Hum ? Zzzzzzzzzzzzzzzz...
Et puis, il y a eu la nuit suivante où toutes les deux heures, une gentille dame venait me peloter délicatement le sein. Hum ? Zzzzzzzzzzzzz...
Rectificatif : ça aurait pu être chaud bouillant à l'hosto.

13 mars 2008
Produits anti-stress
J-1 avant l'annonce des résultats (en principe). Et croyez-moi, c'est un peu plus stressant que les résultats du bac. On a chacun notre produit miracle pour tenir le coup.
Donc, dans la famille Groflip, la mère tourne au Lexomil, le père à l'Ignatia Amara et le fils aux pastilles Rescue des Fleurs de Bach.
Il n'y a que la fille qui résiste en tétant comme une folle son doudou. Ah, on est beaux !!!

Nikita
La fille, justement, parlons-en. Un petit bout de minette de 2 ans et demi. Tout en tendresse et en rigolade. Son grand truc depuis que je suis revenue de l'hôpital ? Voir ma cicatrice. « Maman, je peux voir ton bobo ? » « Si tu veux... » « Youpi !».
Dois-je m'en réjouir ou paniquer ?"

Frédérique.

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Publié par Sophie

Les filles,
Voici le magnifique article consacré à Mony.
Ce qui est superbe dans ce témoignage, c'est qu'on reconnaît bien notre Mony qui en plus a eu la gentillesse suprême de parler de nous.
Merci mille fois Mony, tu es plus qu'adorable.
Gros bisous à toutes.

Voir l'image
Publié par Sophie

Précédemment sur Parle avec Elles : le 5 ème et 6 ème épisode de la princesse aux petits pois.

10 mars 2008
Fashion week à l'hôpital du Mans
J'ai profité de mon petit séjour là-bas, pour noter les grandes tendances de leur collection printemps / été 2008.
• La blouse à fleurs. Ca fait 10 ans que je résiste, mais là, c'est la pièce incontournable du moment. Heureusement, elle n'est pas en nylon mais en petit coton gratté avec imprimé liberty bleu et pressions à l'arrière, ce qui évite de se balader le popotin à l'air comme avec les blouses des maternités.
• Culotte en voile de tissu sans avant ni arrière (et dieu sait si j'ai cherché) avec un splendide effet bouffant « Renaissance ».
• Chaussons en papier trop grands, glissés dans les ballerines sur lesquelles ils débordent élégamment.
Un bon look ne serait rien sans le bon maquillage et la bonne attitude :
• Le maquillage : teint nude légèrement bleuté suite au produit injecté la veille pour la scintigraphie, avec cernes dues à une mauvaise nuit et les cheveux plats et desséchés par une demie bouteille de Bétadine.
• L'attitude : tremblements incontrôlables malgré les calmants, surtout au niveau des jambes. Le top, c'est d'arriver aussi à claquer des dents.
On parie qu'on verra bientôt ça chez un créateur belge ?

Le supplice chinois
Mon grand problème, c'est que je ne me sens pas malade. Donc, quand j'ai la tête occupée, ça va plutôt bien. J'ai pas mal supporté la série d'examens. Il faut dire que les gens à l'hosto sont d'une gentillesse et d'une compassion sidérantes quand on connaît leurs conditions de travail (et grâce à mon stage d'immersion, je commence à être au point).
Mais parfois, j'ai de véritables électrochocs qui me rappellent la dure réalité : le coup de fil de ma gynéco la veille de l'opération pour m'encourager. C'est si grave que ça ? Un énorme bouquet de fleurs reçu le même jour. C'est si grave que ça ?? Les messages de soutien, la peur dans le regard des gens. Punaise, c'est si grave que ça ?????????
J'ai déjà connu des moments durs, très durs même, mais les choses étaient fixées dès le départ et il ne restait plus qu'à les gérer. Là, c'est le flou total. Avec des moments de calme (presque zen) quand je me rappelle les paroles du gynéco (« excusez-moi de vous dire ça mais c'est affreusement banal ») et des moments de panique totale : que va-t-on m'annoncer dans dix jours ? Que va-t-il se passer ensuite ? Et si ça dégénérait grave ?
Dieu que j'aimerais me réveiller, sortir de ce cauchemar. Je ne demande quand même pas grand-chose : juste être heureuse et peinarde avec mon chéri et mes loulous. C'est quand même pas compliqué !
J'ai eu ma dose d'emmerds. Je passe mon tour. Au suivant

Frédérique".

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Publié par Sophie

Précédemment sur Parle avec Elles : le quatrième épisode de "La princesse aux petits pois".

08 mars 2008
I'm back, les loulous

Normalement, ce soir, je pourrai vous faire un gros câlin dans votre lit et vous chanter votre chanson préférée : Une chanson douce.
D'accord, Morgane, tu pourras me mettre la main sur la bouche pour m'empêcher de chanter si ça te fait toujours autant rigoler. Et, oui, Camille, je penserai à changer les paroles pour que tu ne sois pas "la petite biche", mais le "chevalier".
Je vous aime. A tout à l'heure.

09 mars 2008
On porte tous ça ensemble

C'est ce que m'a dit ma gynéco quand je l'ai appelée le lendemain de l'opération pour lui dire comment ça s'était passé.
Ca m'a fait penser à tous ces messages, mails, SMS, coups de fil échangés ces derniers jours pour m'encourager ou prendre de mes nouvelles.
Tous ces témoignages de sympathie m'ont été droit au coeur et je voulais vous en remercier : mes frères et soeur, les copines d'enfance ou d'adolescence, les cousins / cousines, les copains / copines du net, les Manceaux, les Orléanais, les Bretons, les Loir et Cheriens, les Toulousains, les Parisiens, les Giffois, les Isséens, les Gordoniens, les Télétotatiennes, la Corrézienne, la Marseillaise, l'Anglaise, l'Australienne, en espérant n'oublier personne (punaise, j'ai l'impression d'être aux Oscars). Pardon de le faire de façon anonyme sur ce blog, mais si je devais remercier tout le monde individuellement, j'en aurais pour la semaine et franchement, je voudrais profiter de ces quelques jours de répit pour me changer les idées.
Finie la séquence émotion, passons aux choses sérieuses : les nouvelles. Il y en a une potentiellement très bonne et une grosse incertitude.
Commençons par la bonne : apparemment mes ganglions sont sains, ce qui voudrait dire que la méchante bête n'est pas partie voir ailleurs. A confirmer avec les résultats d'analyse. Ca veut aussi dire qu'on ne m'a pas "curé" tout le dessous de bras, c'est-à-dire enlevé tous les ganglions, ce qui m'évitera d'avoir un bras gros comme un poteau.
La grosse incertitude, c'est que Vincent, Paul et François avaient visiblement des projets d'extension (= zone bizarre partie en analyse), ce qui signifie que mon sein n'est pas encore sauvé. Mais, franchement, je préfère ça dix mille fois que de savoir que j'ai des métastases partout. Et je me console en pensant qu'à la reconstruction, je demanderai au toubib de m'injecter mon gras des genoux dans les seins. Résultat, je gagnerai deux bonnets et une liposuccion gratuite des genoux !
Suite du programme :
• Vendredi prochain : radio des poumons et échographie du foie (j'arrête le Tariquet immédiatement !!!).
• Lundi suivant : scintigraphie osseuse. Le mot est barbare, mais en fait, c'est assez fun : on vous transforme en Schtroumf radioactif avec un produit bleu et on vous met dans une sorte de grande machine à gaufres pendant quelques minutes (sauf qu'on n'en sort pas doré à point et couvert de petits carrés)
Et après tout ça, normalement je saurai où je vais.

Frédérique.

La semaine prochaine sur "Parle avec Elles : "Fashion week à l'hôpital du Mans...".

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Pour toutes les Cerize, jeunes femmes qui ont terminé leur traitement mais qui ne font que commencer leur vie de femme.
Que cherchons-nous en venant ici ?
Pour certaines ce sera du réconfort, pour d'autres des informations sur un sujet bien précis, pour d'autres encore juste un petit peu d'air frais et chaleureux pour souffler.
Pour que cet endroit réponde au mieux aux aspirations de chacun (e), il me semble nécessaire que chacun(e) y apporte sa petite contribution.
En ce moment, j'ai envie de faire un appel aux anciennes combattantes, pas celles qui, comme moi, ont rencontré le cancer à 40 ans et plus. Celles qui avaient tout juste commencé leur vie de femmes, pas encore eu le temps de rencontrer leur compagnon, encore moins celui de faire un enfant.
J'aimerais bien qu'elles prennent le temps de venir écrire un petit mot ici, nous raconter leur vie « après », comment elles vivent cet après, ce qui leur est possible, ce qu'elles ont regagné sur leur corps. C'est important, pour Cerize et toutes les autres. Elles qui ont terminé leur traitement mais vivent si mal dans ce corps qu'elles ne reconnaissent pas. Elles sont si inquiètes, parfois si pessimistes par rapport à leur vie future...
Pour moi, témoigner est un quasi devoir, parce que cela peut aider tout simplement...
Je suis sûre que dans notre grande famille, il y en a qui correspondent à ce critère de recherche : Jeunes et anciennes combattantes ?
Bisous ensoleillés
Mony

Publié par Sophie

Précédemment sur Parle avec Elles : le troisième épisode de "La princesse aux petits pois".

Body art
"On ne le croirait pas comme ça, mais l'hôpital du Mans est à la pointe de ce qui se fait en matière de déco corporelle.
Avant l'opération, j'ai eu droit à ce qu'on appelle un « repérage sous échographie » pour délimiter la zone à enlever. La méthode est assez barbare donc âmes sensibles s'abstenir...
Un « repérage sous écho » consiste à vous planter une série de fils d'acier dans le sein à l'aide d'une aiguille (sous anesthésie locale quand même, on n'est pas au Far West) ou plutôt à les enfoncer à coups de burin quand on a les seins fermes comme moi. Résultat, l'aiguille était tellement bien fichée dans la chair, que l'échographiste a eu le plus grand mal à la récupérer (entre nous, vive l'anesthésie...). Comme je n'avais pas d'appareil photo sur moi (désolée), je vais me contenter de vous décrire le résultat : un joli mélange « poupée vaudou » pour les fils métalliques qui jaillissaient de mon sein et « maori » pour les grandes marques au feutre noir. Trop beau".

Frédérique.

La semaine prochaine sur "Parle avec Elles : "I'm back, les loulous..".

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Précédemment sur Parle avec Elles : le second épisode de la princesse aux petits pois.

04 mars 2008
Ben voilà...
Je suis prête à confier mon corps à la science. De toute façon, ai-je le choix ?
Les enfants sont casés pour 24 heures (et croyez-moi c'est beaucoup plus facile de les quitter quand on part faire la java avec ses copines que pour se faire opérer d'un cancer) le temps que leur papa les prenne en charge.
Je vais faire ma petite valise :
• homewear, confortable mais joli, pour ne pas avoir l'air encore plus mal que je ne le suis et ne pas faire peur au toubib (il ne manquerait plus qu'il me rate !)
• ballerines (car les slaps de piscine ne passeront pas par moi)
• maquillage pour ne pas avoir une trop sale tronche
• sachets de thé, car il n'y a rien de plus infâme que le Lipton Yellow
• boules Quies et cache-noeunoeuil pour bien dormir
• 1 gros oreiller car ceux de l'hôpital sont pourris (et ça me sert de doudou)
• 1 carnet pour noter tout ce qui me passe dans la tête (et il y en a !)
• mes bibles : le Elle et le Canard
• une trad à relire pour m'occuper l'esprit si j'ai la tête claire
• de la Badoit car j'ai horreur de l'eau plate
Bon, en fait de valise, ce sera plutôt un semi-remorque.
Il faut aussi que je pense à ôter, dixit les infirmières :
• mon vernis (pour une fois que j'en mets)
• mes prothèses (!?)
• mes bijoux (non, pas mon alliance !!!)
• mon dentier
• ma perruque (ah non, je n'en ai pas encore. Ah, ah, ah !!!)
Sinon, je dois vous avouer que je ne suis pas d'humeur super causante aujourd'hui, alors ne vous vexez pas si je ne réponds pas au téléphone.
A bientôt !"

Frédérique.

La semaine prochaine sur "Parle avec Elles : "Body art...".

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Comme beaucoup ici, en traversant la tourmente, j'ai dû supporter des regards terribles où je lisais ma condamnation.
J'ai écouté de braves gens, venus soi-disant pour me remonter le moral, et qui m'anéantissaient de leurs phrases assassines, ce que j'appelais " Mes petites phrases qui tuent". J'ai entendu leurs : "T'inquiètes pas, ce n'est rien, cela se soigne bien maintenant", ou leurs :" Il faut que tu sois forte, on en meurt encore très souvent..." Excès d'optimisme ou de résignation, les 2 me faisaient souffrir.
J'ai subi les regards qui fuient, l'indifférence, la pitié, la peur, l'incompréhension...
J'ai appris à gérer tout cela, certes, mais que me reste-t-il de cette expérience ? Ai-je au moins appris, moi, à toujours bien réagir, à savoir quoi dire et comment ?
Non, non et encore non. Au contraire, les doutes se font plus nombreux au fil du temps qui passe. Pendant le traitement et après, nous sommes sur un chemin parallèle, un espace temps où les émotions sont exacerbées. Le souvenir de ce passage me force à ne jamais oublier que seuls les mots et gestes qui viennent du cœur peuvent être bien perçus et...acceptés.
Je m'efforce de toujours en tenir compte.
Bisous ensoleillés
Mony

Précédemment sur Parle avec Elles : le premier épisode de la princesse aux petits pois.

03 mars 2008

You're talking to me ? YOU'RE TALKING TO ME ???
"

Cher cancer,
Tu te demandes certainement ce que je fais, hein ? Pourquoi je ne parle pas de toi à longueur de blog ? Ca t'agace, hein ? J'avais pourtant l'air d'une proie idéale pour faire pleurer dans les chaumières : gentille, conciliante, heureuse en travail et en amour, de chouettes gosses, une flopée de gentils frères et soeur, une belle bande d'amis de tous âges...
Eh bien figure-toi qu'à force de traduire des documentaires animaliers et de regarder des films noirs, j'ai appris un truc : quand on t'attaque, tu cognes... et plus fort. Alors voilà, ce n'est pas parce que tu es en train de me grignoter un sein que tout va s'arrêter. Je ne dis pas que je ne suis pas morte de trouille, ça non. Mais il ne faut pas me chercher au risque de me voir me transformer en psychopathe tel un Joe Pesci ou un Viggo Mortensen bien énervés.
Pour le moment, j'ai contre-attaqué soft en faisant un aller et retour express ce week-end à Toulouse pour voir la gagnante de notre grand concours "la maison idéale pour les Corre Montagu, leur chat, leurs proches et leurs amis" et lancer au plus vite la négociation, c'est-à-dire avant l'opération (et surtout avant les résultats).
Na ! Pan, dans les dents. Si tu crois que tu vas nous faire fléchir, tu vas au devant de grandes désillusions. Alors, un conseil, laisse tomber. Oublie moi".

Frédérique.

La semaine prochaine sur "Parle avec Elles : "Ben voila..".

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